![]() |
| Les reportages réalisés par les villageois sont diffusés au cours de l'émission Speak Out India © Video Volunteer |
Une femme vêtue d’un shalwar kameez, habit traditionnel indien, manie avec habilité sa petite caméra pour réaliser une interview. Cette scène est très courante dans plusieurs États de l’Inde où les membres de Video Volunteers œuvrent pour trouver des solutions durables aux problèmes endémiques (corruption, conditions des femmes, accès à l’eau potable) qui touchent les villes et villages indiens.
« Notre mission est d’accorder aux communautés les plus démunies les moyens de régler les différends au sein de leur village et pour qu’elles puissent partager au niveau local ou national leur point de vue sur les questions qui leur tiennent à cœur », explique Jessica Mayberry, fondatrice de l'ONG.
L’ONG collabore avec 100 correspondants qui ont été triés sur le volet avant d’intégrer Video Volunteers. « Notre recrutement est long et minutieux. D’abord, on envoie notre programme d’action à des milliers de ONG et militants en Inde. Une fois que les personnes sont sélectionnées, on leur fait passer plusieurs entretiens. On veut que nos futurs correspondants soient des militants intéressés par les problèmes de leur village. On s’efforce aussi de recruter autant de femmes que d’hommes », précise Naomi Hatfield Allen, coordinatrice de programme à Video Volunteers.
Changer la société
Les dalits (intouchables), les musulmans, les personnes des bas-quartiers, des tribus, des jeunes, des moins jeunes, tous participent à ce média social crée en 2003 et dont le siège se trouve à Goa, État côtier du sud-ouest de l’Inde.
Selon Video Volunteers, les correspondants sont rémunérés à hauteur de 1 500 roupies (23 euros) le sujet. Ils reçoivent une prime de 250 roupies (3,70 euros) à condition que le thème abordé soit « intéressant ». « Si grâce à un reportage, un problème est résolu, le correspondant perçoit alors un salaire de 5 000 roupies (75 euros). On les encourage donc dans leur militantisme pour avoir plus de résultats concrets », indique Jessica Mayberry.
Video Volunteers forme ses correspondant(e) s aux techniques de tournage et de montage. Une fois autonomes, ils réalisent leur reportage qu’ils enregistrent sur un DVD avant de l’envoyer à Goa.
« L’envoi par la poste d’un DVD peut durer plus de 14 jours pour les correspondants du Nord-est de l’Inde », remarque Naomi Hatfield Allen.
Une caméra et un micro ont le pouvoir de changer la société. A eux deux, ils permettent de faire sortir les personnes de l’analphabétisme, de l’isolement et d’exiger des décideurs politiques plus de transparence et de responsabilité. Mais cela a un coût.
Actifs sur le plan social et dénonçant les travers des politiques, les militants s’attirent parfois les foudres des chefs locaux, « j’ai failli me faire agresser une fois par les villageois. Ils pensaient qu’on leur voulait du mal. Mais j’ai réussi à les calmer, remarque un correspondant de Video Volunterrs qui a souhaité garder l’anonymat. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il faut avoir un bon réseau social », poursuit-il.
Des journalistes locaux qui traitent eux-mêmes l'actualité de leur pays ou de leur région. C'est sur ce concept que s'est basé le directeur de la rédaction d'Afrik.TV, Joakim Afoutni, pour lancer en mars 2011 la première agence de presse audiovisuelle panafricaine.
Au-delà des frontières indiennes, VV se développe au Brésil. En effet, à Sao Paolo, l’ONG a mis en place une bourse en journalisme pour les jeunes de dix favelas brésiliennes.
Le but de ce projet est d’offrir aux jeunes défavorisés les moyens matériels et financiers pour suivre des cours de journalisme pendant huit mois. De la corruption, à la sexualité, en passant par la protection des animaux, les apprentis journalistes abordent dans leur reportage tous les thèmes de société. Un moyen pour ces laissé-pour-compte de faire entendre leur voix.
Pour plus d'informations :
Retrouver les vidéos de Video Volunteers sur Indiaunheard, plateforme de l'ONG où les correspondants diffusent leur production : indiaunheard.videovolunteers.org

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire